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Films et séries en français : s'en servir vraiment
« Regardez des films en français » est le conseil le plus répété de l'apprentissage des langues, et le moins expliqué. Fait d'une certaine façon, c'est l'une des meilleures choses à faire ; fait autrement, ce sont deux cents heures d'agréable fond sonore qui ne changent rien.
L'essentiel
- Les sous-titres dans votre langue annulent l'exercice : l'œil est plus rapide que l'oreille, et il gagne à tous les coups.
- Les sous-titres français sont utiles — ils apprennent où les mots s'arrêtent, ce qui est la vraie difficulté.
- Le contenu compte plus que le niveau. Une série de bureau ou de famille enseigne du français utilisable ; un drame historique enseigne du vocabulaire qu'on ne dira jamais.
- Vingt minutes actives valent mieux que deux heures passives, à chaque fois.
La question des sous-titres, tranchée
Avec des sous-titres dans votre langue, vous lisez. L'oreille est débranchée en deux minutes, parce que lire est plus facile et que le cerveau prend le chemin le moins cher. On peut regarder cent heures ainsi et n'améliorer que sa vitesse de lecture dans sa propre langue.
Les sous-titres français sont un autre outil. Ils ne remplacent pas l'écoute, ils l'annotent : vous entendez un flux continu et vous voyez où les mots commencent et finissent. Pour une langue qui colle ses mots, c'est exactement la pièce manquante — et c'est pourquoi les sous-titres français aident davantage en français que dans une langue qui sépare nettement ses mots.
La progression qui marche : sous-titres français pendant quelques mois, puis le même épisode sans, puis du contenu nouveau sans. Les retirer trop tôt décourage ; les garder toujours en fait une béquille.
Choisir le contenu pour sa langue, pas pour sa réputation
Ce qu'il vous faut, c'est beaucoup de dialogue ordinaire, au présent, entre deux personnes, sur des choses quotidiennes. C'est ce français-là dont vous aurez besoin. Les comédies et les séries familiales enseignent bien mieux que les productions prestigieuses que tout le monde recommande : les séries policières enfouissent le dialogue sous le jargon, les drames historiques enseignent un registre que personne ne parle, et les films d'action ne parlent presque pas.
Une seconde règle qui surprend : revoyez quelque chose que vous connaissez déjà. Connaître l'histoire libère toute votre attention pour la langue, et la deuxième vision d'un épisode apprend plus que la première vision de trois.
Le visionnage actif, en pratique
Le visionnage passif construit une familiarité avec la sonorité du français, ce qui vaut quelque chose mais progresse lentement. Le visionnage actif est un autre exercice, et vingt minutes suffisent :
- regardez une scène de cinq minutes d'une traite, sans arrêter ;
- regardez-la de nouveau en notant trois ou quatre expressions — pas des mots, des expressions ;
- dites-en deux à voix haute, en copiant le rythme ;
- employez-en une dans la semaine, dans une vraie phrase. C'est cette dernière étape qui transforme la reconnaissance en usage.
Ce que les films ne vous donneront pas
Ils ne vous apprendront pas à parler. Ce sont des entrées, et les entrées ne construisent que la compréhension. Qui regarde une heure par jour pendant un an comprendra beaucoup et hésitera quand même à la première vraie conversation — parce que produire des phrases est une compétence à part qu'aucun visionnage n'entraîne.
Pas de liste de titres ici
Les catalogues changent d'un pays à l'autre et d'un mois à l'autre, et une liste serait fausse en un an. Les critères ci-dessus — beaucoup de dialogue ordinaire, au présent, entre deux personnes — valent mieux que n'importe quelle liste, parce qu'ils vous permettent de juger ce qui vous est réellement accessible.
Regarder, c'est la moitié ; l'autre moitié est une conversation
Les films et les séries sont la façon la moins chère et la plus agréable de construire la compréhension, et je les recommande à tout le monde. Mais ils ne construisent jamais qu'une des deux compétences. L'autre demande quelqu'un en face — et c'est tout l'objet d'un cours.
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